Dans le groupement de Bugorhe, en province du Sud-Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), une initiative écologique et sociale prend racine. L’organisation CCCAD/RDC (Cadre de Concertation pour la Coopération et l’Appui au Développement Endogène), sous la coordination de Madame Frances MAFUTALA, mène un projet de reboisement porteur d'espoir, à la fois pour l’environnement et pour la guérison des populations touchées par les violences armées.
Une pépinière communautaire déjà en place
La pépinière communautaire de Bugorhe est opérationnelle. Grâce à l’engagement des populations locales, plusieurs étapes clés ont été réalisées :
Empaquetage des poquets : les poquets biodégradables ont été préparés localement, contribuant à la préservation de l’environnement tout en favorisant une économie circulaire.
- Repiquage des jeunes plants : des espèces locales, adaptées au climat et au sol de Bugorhe, ont été transplantées avec soin.
- Arrosage et entretien : les plants bénéficient d’un suivi rigoureux afin d’assurer leur robustesse avant leur distribution et leur mise en terre définitive.
Ces activités s’inscrivent dans une stratégie durable de restauration des écosystèmes dégradés et de lutte contre l’érosion des sols, deux problématiques majeures dans les zones rurales du Sud-Kivu.
Reboisement et résilience face aux traumatismes de la guerre
Au-delà de l’impact écologique, ce projet de reboisement en RDC est également pensé comme un outil de guérison collective. La région de Bugorhe n’a pas été épargnée par les conséquences de la guerre imposée par les rebelles du M23, qui a provoqué des déplacements massifs de population, des pertes économiques et de graves traumatismes psychologiques.
Dans ce contexte, la mise en place de cette pépinière devient une thérapie par le travail, où chacun trouve un espace pour se reconstruire, reprendre confiance, et renouer avec la terre.
Les bénéficiaires, souvent affectés par les conflits, trouvent dans cette activité un moyen de canaliser leur énergie, de reconstruire leur dignité et de recréer du lien social.
En plantant des arbres, les communautés réapprennent à croire en l’avenir. Cette approche associe résilience psychosociale et protection de l’environnement, un modèle de reconstruction communautaire qui mérite d’être reproduit ailleurs.
Signalons cependant que, les activités agricoles et écologiques agissent comme une forme de soutien psychologique naturel, renforçant les liens sociaux et le sentiment d’utilité communautaire.
Une approche endogène et durable
Le projet s’appuie sur le modèle du développement endogène : il valorise les savoirs locaux et la participation communautaire. Cela permet non seulement de garantir une meilleure appropriation des activités par les populations, mais aussi d’assurer leur continuité au-delà de l’intervention extérieure.
Les jeunes plants issus de la pépinière seront bientôt distribués pour reboiser les collines et ravins de Bugorhe, contribuant à créer un microclimat plus favorable à l’agriculture et à la biodiversité locale. Ce projet participe aussi à la lutte contre le changement climatique à l’échelle locale, en augmentant la couverture forestière et en captant le dioxyde de carbone.
Conclusion : planter pour guérir, planter pour demain
Ce projet de reboisement au Sud-Kivu porté par CCCAD/RDC démontre qu’il est possible de répondre simultanément aux défis environnementaux, économiques et psychosociaux. À Bugorhe, chaque arbre planté est un symbole de paix, de résilience et d’avenir.
« Reboiser, c’est résister. Reboiser, c’est guérir. Reboiser, c’est bâtir un avenir durable pour les générations futures ».