Bukavu, 11 mai 2025 – Ce n’est ni Madrid ni Barcelone, mais on jurerait le contraire. Depuis ce matin, la ville vibre au rythme d’une passion qui ne dit pas son nom : le Clásico. Real Madrid contre FC Barcelone. Un affrontement de titans qui, à plus de 5 000 kilomètres de distance, réussit à électriser les rues, les salons, les cafés et les cœurs de Bukavu.
Dans les quartiers de Kadutu, Bagira, jusqu’à Nguba, les couleurs sont affichées fièrement : du blanc royal de Madrid au blaugrana mythique de Barcelone. Ici, la rivalité ne se vit pas en silence — elle se crie, elle se chante, elle se vit.
"Aujourd’hui, c’est plus qu’un match, c’est une guerre de respect !" lance un jeune supporter madrilène en débattant devant une boutique animée. Non loin, un fan du Barça réplique : "Même si Mbappé joue, Lewandowski va lui rappeler qui est le vrai patron."
Les gens se rassemblent dans les lieux communs, parfois improvisés. Certains ont déjà préparé à boire et à manger. D’autres ne parlent que de tactique et d’alignements possibles. Les débats sont passionnés, les provocations pleines d’humour et les regards… déjà tendus.
C’est une tension joyeuse, presque théâtrale, mais terriblement sincère. Car ici, le Clásico n’est pas juste un match : c’est une question de fierté, d’honneur, de mémoire. Les plus anciens se rappellent des exploits de Ronaldinho, des buts de Zidane, des triplés de Messi. Les plus jeunes ont Mbappé et Vinícius dans les yeux, rêvant d’un nouveau moment d’histoire.
Cette rivalité venue d’ailleurs s’est enracinée à Bukavu. Elle traverse les âges, les classes, les quartiers. Et ce soir, dès que le coup d’envoi sera donné, la ville entière retiendra son souffle.
Demain, il y aura des cris de victoire et des silences de défaite. Mais aujourd’hui, c’est l’attente, la ferveur, la passion qui parlent.
Et si l’Espagne est le théâtre… Bukavu, ce soir, est la scène secondaire la plus animée du monde.