Un parcours de résilience et d’excellence
C’est au cœur du groupement de Bushumba, dans le village isolé de Buhehe (territoire de Kabare Nord, Sud‑Kivu), qu’est né le 12 mai 1983 Honnête Nyandu Kasali. Longtemps appelé Muzungu par ses frères et sœurs et baptisé Lambert dès son plus jeune âge, il grandit dans une fratrie de dix enfants. Fils d’Emmanuel Ganywamulume Kasali, dit “Bishangi” et de Germaine Mwa Kahorha, Kasali perd son père avant même de fouler les bancs de l’école.
On imagine mal, dans ces premières années, qu’un avenir aussi brillant l’attend. C’est à neuf ans, contre toute attente, qu’il entre à l’école primaire, poussé par le courage et la détermination de sa sœur aînée, Cikuru Bishangi Dévote. Entre 1992 et 1998, il chemine à travers trois établissements (l’EP Tutimize, l’EP Ngarha puis l’EP Mushweshwe) affrontant l’incertitude des transports et l’insuffisance des fournitures scolaires. Pourtant, en 1998, son certificat de fin d’études primaires couronne ces efforts : mention distinction.
La suite ne sera pas plus douce. Admis à l’Institut Nyamokola de Birava, prestigieuse école secondaire tenue par les pères barnabites, il doit renoncer après deux années à cause des 14 kilomètres de marche quotidienne séparant son foyer de la classe. Loin de le briser, cet échec provisoire aiguise sa détermination. De 2000 à 2002, il s’illustre à l’Institut Luhihi 1er, puis revient, mûri par l’expérience, à Nyamokola pour sa quatrième année de humanités pédagogiques. En 2005, à 22 ans, il décroche son diplôme d’État avec 71 % de moyenne, ce qui lui vaut une bourse d’excellence du Fonds Social de la République.
Porté par ce premier succès, Kasali rejoint en 2005 l’Université de Goma où il se lance en Sciences Politiques et Administratives. Trois années plus tard, il obtient son graduat, avant de transformer un coup de frein financier, l’obligation de travailler, en opportunité : en 2009, il devient enseignant à l’EMP Kauta de l’ULPGL‑Goma, tout en reprenant ses études en psychologie. De 2010 à 2014, il cumule graduat et licence en psychologie clinique, toujours avec distinctions, et ajoute en parallèle une seconde licence en Sciences Administratives, avant d’achever un master de psychologie clinique et pathologique à l’Université de Dschang en 2019. Aujourd’hui Chef de Travaux à l’ULPGL‑Goma et doctorant sur deux continents, Kasali incarne l’idée selon laquelle chaque obstacle peut se transformer en marche vers l’excellence.
Un psychologue enraciné dans le quotidien des populations

À Goma, Honnête Kasali ne se contente pas d’enseigner dans les amphithéâtres : il se tient au plus près des souffrances post‑conflit de sa région. Depuis 2015, il officie comme enseignant-chercheur à la FPSE de l’ULPGL‑Goma, où il transmet son savoir — fruit de deux licences (psychologie clinique et sciences politiques), d’un master en psychologie clinique et pathologique — à une nouvelle génération de praticiens.
Dans la clinique-bureau de la CCSP à Goma, il accueille sans relâche des femmes victimes de violences sexuelles, des enfants-soldats et des familles déplacées par les violences interethniques. Il allie techniques cognitivo‑comportementales, approches systémiques et respect des codes culturels, modelant à chaque séance des protocoles d’intervention adaptés aux réalités locales. « Il m’a aidée à retrouver ma voix », confie l’une de ses patientes, symbole du lien ténu qu’il tisse entre science et humanité.
Parallèlement, il forme et supervize psychologues, travailleurs sociaux et volontaires, créant un réseau de premiers secours psychologique capable de répondre rapidement aux crises. En collaboration avec l’UNICEF, Heal Africa ou la Fondation Panzi, il a mis en place des ateliers de résilience collective, où l’apprentissage de la gestion du stress et des émotions se fait au cœur des quartiers populaires.
Un double doctorat au service de la reconstruction psychique

Animé par l’envie de creuser chaque dimension du trauma, Kasali poursuit deux thèses doctorales : l’une en psychologie cognitive à l’Université Laval (Canada), l’autre en psychologie clinique et pathologique à l’Université de Dschang (Cameroun). Cette double formation lui permet d’explorer à la fois les mécanismes mentaux sous-jacents aux traumatismes et leurs manifestations cliniques les plus profondes.
Son mémoire de master explore déjà « la satisfaction conjugale chez les femmes urbaines » comme facteur d’atténuation des troubles psychiques ; sa thèse en cours se concentre sur « le traumatisme psychique et l’insatisfaction conjugale chez les survivantes de violences sexuelles » dans la région des Grands Lacs. À Québec, il affine des modèles de remédiation cognitive ; à Dschang, il développe des protocoles de soutien familial et de thérapie de couple.
En croisant données empiriques du terrain congolais et méthodologies nord‑américaines, Kasali fait dialoguer deux univers académiques souvent éloignés. Cette posture « franco-africaine » de la recherche ouvre la voie à des interventions psychothérapeutiques innovantes, centrées sur les dynamiques familiales et communautaires.
Innovateur scientifique entre Goma et Québec

Au laboratoire COGITE du Centre CERVO de l’Université Laval, Kasali module des outils d’évaluation du stress post‑traumatique, en s’appuyant sur son expérience de terrain à Goma. Mêlant analyses neurocognitives et observations socio‑culturelles, ses travaux sur la Covid‑19, la violence scolaire et le développement cognitif des enfants congolais ont d’ores et déjà été présentés lors de colloques internationaux.
En RDC, il est secrétaire exécutif du CRIPE à l’ULPGL‑Goma, coordonnant projets de recherche et interventions avec des partenaires locaux. Consultant pour le Bureau diocésain des œuvres médicales et formateur pour Heal Africa et la Fondation Panzi, il évalue l’efficacité des programmes psychosociaux, toujours soucieux d’intégrer les approches familiales, psychodynamiques et comportementales.
Son profil hybride — à la fois chercheur de laboratoire et psychologue de terrain — lui confère une légitimité unique pour piloter des projets de grande envergure. Il fait ainsi le lien entre les financements internationaux et les besoins concrets des populations, assurant un transfert de compétences durable.
L’engagement social : IKAR-Asbl, levier d’éducation et de justice

Au‑delà de ses activités universitaires, Kasali a voulu faire d’IKAR ASBL (Initiative Kasali pour le Renouveau) un véritable moteur de développement local. Les trois programmes de bourses qu’il a mis en place, KESAP (50 % des frais pour les meilleurs élèves), KEOSAA (100 % pour les orphelins méritants) et KGGESEP (prise en charge totale pour les étudiants en théologie protestante), ont déjà permis à plus d’une dizaine de jeunes de Kabare d’entamer des études en médecine, ingénierie ou lettres, brisant ainsi le cercle vicieux de la précarité.
Mais Kasali ne se limite pas à soutenir les talents de demain : il est omniprésent dans le quotidien de sa communauté. Régulièrement, il organise des rencontres pour réunir veuves, orphelins et personnes âgées, offrant ateliers pratiques et moments de partage. Il pilote la réhabilitation des bornes‑fontaines dans plusieurs villages, redonnant accès à l’eau potable à des centaines de familles, avec constitution de comités locaux pour garantir leur entretien.
Il porte aussi son énergie vers la jeunesse chrétienne, finançant camps spirituels et sessions de leadership, tout en encourageant le sport et les loisirs : des tournois de football aux ateliers culturels, il crée des espaces sûrs et stimulants pour détourner les jeunes des mirages de l’exode et de la violence. Par son appui aux initiatives agricoles et éducatives, Kasali tisse un réseau d’entraide où chaque projet est une pierre à l’édifice d’un renouveau durable.
Pour lui, il n’est pas question de philanthropie éphémère : chaque action sur le terrain forge un lien solide entre IKAR et la population. « Quand je vois ces visages souriants autour d’une borne-fontaine restaurée ou d’un terrain de jeu, je sais que nous semons les germes d’un changement réel et pérenne », confie-t‑il, convaincu que l’éducation et l’engagement collectif sont les vraies clés de la justice sociale.

Après avoir exploré le parcours, l’expertise et l’impact communautaire de Honnête Nyandu Kasali à travers ses actions académiques, cliniques et sociales, il est temps de transformer cette inspiration en engagement concret. En soutenant l’Initiative Kasali pour le Renouveau, vous participez activement à l’édification d’une génération capable de réinventer l’avenir de Kabare et de toute la RDC. Pour déposer votre candidature (fiche de notes, acte de naissance, certificat de scolarité et lettre de motivation), téléchargez dès maintenant le dépliant explicatif disponible ICI : il détaille les critères, les modalités de sélection et vous guide, pas à pas, pour maximiser vos chances. Grâce aux programmes KESAP, KEOSAA et KGGESEP, ces bourses d’excellence allègent les charges financières, offrent la liberté de se consacrer totalement à ses études et ouvrent la voie à des opportunités nationales et internationales. Ne laissez pas passer cette occasion : chaque dossier reçu est une promesse d’espoir pour un jeune talent, un acte de courage pour toute la communauté et un pas décisif vers un futur bâti sur la résilience et la réussite.
Pour découvrir la biographie complète de Honnête Nyandu Kasali, ses publications et le détail des bourses IKAR, rendez-vous sur sa page détaillée.